refuseRésister ? La belle affaire ! Prendre les armes quand le tyran ne laisse pas le choix ? Mais pour quoi faire au final ? Quelle est la fin de la résistance ? Chasser le tyran ? Oui. Et après ? Déjà, pendant la guerre mondiale, la question était posée et il n’y avait pas de doute sur la première option : il fallait chasser l’ennemi, le raccompagner à la frontière, reconquérir le droit du peuple à disposer de lui-même. La seconde, en revanche, était moins évidente. Elle entretenait la méfiance, jusqu’à la guerre civile qui aurait pu dégénérer si… Nous connaissons la suite. L’Allemagne et la France, chacune en son contexte, s’épargnèrent le bain de sang qui inonda la Grèce et la Yougoslavie.

Résister ? Bien belle affaire, si noble quand tu es du côté des vainqueurs ! Mais la mobilisation pose toujours la question de la lutte finale. Et quand résister se fait pour repeindre le monde aux couleurs de soi-même, la collaboration n’est jamais très loin. Collaborer ? Mot tabou, mot sali ! Car tout dépend à quoi conduit le soutien à l'action. Or résister, c’est toujours participer à quelque-chose qu’il faudra bien, tôt ou tard, définir et imposer, peut-être, si le goût n’en est pas partagé. Résister n'est pas toujours la solution.

Refuser est une autre affaire, moins prestigieuse, moins optimiste aussi. Se contenter de ne pas pactiser parce que la liberté de tous et de chacun reste ton horizon. Il faut pourtant s’y préparer… Au cas où, pour le jour où l'horizon sera à portée. L'utopie nourrit les grandes conquêtes.